Thebahatizz, du Congo à Winnipeg

Le groupe Thebahatizz composé des quatre sœurs Bahati : Francine, Sylvie, Odette et Rachelle.

Le groupe Thebahatizz composé des quatre sœurs Bahati : Francine, Sylvie, Odette et Rachelle.

Les voix congolaises poursuivent leur voie à Winnipeg. Le 30 novembre, elles chanteront pour la soirée de la jeunesse, au centre communautaire Notre-Dame à Saint-Boniface.

Voix puissantes, talons hauts et lunettes de soleil, arrivées depuis seulement 11 mois en terres canadiennes, les quatre sœurs Bahati font déjà beaucoup parler d’elles. Sylvie, Odette, Francine et Rachelle Bahati chanteront le 30 novembre pour « donner espoir aux jeunes », au Centre communautaire Notre-Dame à Saint-Boniface.

Originaires d’un petit village du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo, les quatre sœurs fuient en Ouganda lors du regain de guerre civile en 2002. Elles resteront dix ans en Ouganda en tant que réfugiées, avant de s’envoler pour Winnipeg en 2012.

Très jeunes, les quatre sœurs chantaient dans la chorale de leur église. Mais c’est en Ouganda qu’elles mettent la musique au cœur de leur vie. « En Ouganda, on a tout perdu, raconte Sylvie Bahati. On s’est retrouvées dans la douleur de ne pas aller à l’école, face à la violence que subissaient les femmes, violées… On a trouvé refuge dans la musique. »

Repérées, elles sortent leur premier single Don’t Give Up en 2010. Persévérer, ne rien abandonner, même dans les situations les plus difficiles, c’est le message qu’elles font passer dans leur chanson, qui tourne en boucle sur les radios et télévisions d’Afrique centrale. « Ce fût un grand moment pour nous assure Sylvie Bahati. On est passées des exclues, des invisibles, à des chanteuses reconnues. Nous existions de nouveau. »

| Un album en préparation

Derrière le côté pop, dansehall, R&B, techno de leur chanson et leurs performances endiablées, elles prônent des textes forts. Sur l’éducation des jeunes notamment, « qui sont notre futur » et plus spécifiquement, celle des filles. « Éduquer une fille, c’est éduquer une génération entière », clament-elles.

Au Manitoba, leurs chansons ont déjà été diffusées sur les ondes. Elles multiplient les concerts et chantent dans leur église presbytérienne. Mais leur plus grande fierté est d’avoir chanté lors d’une cérémonie de citoyenneté devant le premier ministre du Manitoba. «  Nous voulons être plus qu’un groupe de chanteuses, nous voulons être un exemple pour les jeunes qui souffrent, qui sont en difficultés comme nous l’avons été. Nous voulons inspirer, être des ambassadrices », conclut Francine Bahati.

Pour 2014, elles préparent un album de six chansons, dont deux en français, Persévère  et Arrêtons la violence.

Wilgis AGOSSA et
Manon BACHELOT
Catégorie: Culturel

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