Une belle soirée de jazz à l’OSW

Le 6 novembre 2015, l’Orchestre symphonique de Winnipeg s’est transformé en Big Ban pour accompagner l’instrumentiste polyvalent James Morrison et la chanteuse Amber Epp dans un survol de l’histoire du Jazz au 20e siècle, sous la direction du jeune chef en résidence Julian Pellicano.

morrisonPrésenté dans la série des concerts pops Air Canada, le programme consistait en une brève anthologie d’une quinzaine de grands succès des Spencer Williams, Duke Ellington, Cat Anderson, Lizzy Gillepsie, Miles Davies et autres qui ont marqué le jazz américain au cours du 20e siècle.

L’instrumentiste australien James Morrison est un musicien virtuose reconnu comme l’un des meilleurs trompettistes de jazz au monde, mais qui joue aussi bien de plusieurs autres instruments dont le trombone, l’euphonium, le bugle, le tuba, le saxophone, la contrebasse et le piano. Il a épaté l’auditoire autant par ses prouesses techniques que la sensibilité de son jeu. Il est aussi un excellent présentateur-animateur, commentant avec érudition et de manière très divertissante les pièces au programme. La soirée fut agrémentée de quelques pièces vocales qui ont été superbement interprétées par la winnipegoise Amber Epp. Très à l’aise sur la scène, elle a réussi à créer un climat d’intimité malgré l’ampleur des effectifs musicaux et des lieux, grâce à sa voix douce et chaleureuse. Les solistes étaient accompagnés par un quartet de jazz de Winnipeg formé de Keith Price à la guitare, Will Bonnes au clavier, Nenad Zjelar à la contrebasse et Steve Broadhurst à la batterie, qui ont chacun joués de brillants solos.

Les musiciens de l’OSW ont encore une fois démontré leur polyvalence. Bien dirigé par le chef en résidence Julian Pellicano, l’orchestre sonnait comme un authentique Jazz Band. La musique avait les couleurs et les rythmes du jazz. Pellicano a maintenu un bel équilibre sonore et une parfaite synchronisation avec les solistes.

Musicien autodidacte, Julian Pellicano a appris à l’oreille à jouer de plusieurs instruments dans sa jeunesse, dont l’accordéon avec son grand-père italien. Ce n’est qu’à l’âge adulte qu’il a fait ses premières études musicales formelles, en percussion et direction, au Peabody Conservatory de Baltimore. Il a poursuivi ses études au Collège royal de musique de Stockholm, en Suède, et a obtenu son diplôme de maîtrise à la Yale School of Music en 2008. M. Pellicano s’est joint à l’OSW comme chef en résidence en 2013. À ce titre, il dirige la majorité des concerts des séries pops Air Canada et Sounbytes, les concerts jeunesse et des concerts spéciaux. Le chef en résidence doit aussi être prêt à remplacer à pied levé le chef désigné qui ne peut se présenter un soir de concert. Comme cela ne s’est pas produit depuis son arrivée à Winnipeg, nous n’avons pas encore entendu un grand concert de musique classique sous la direction de M. Pellicano. D’autres orchestres confient au moins un de ces concerts à leur chef en résidence (désigné aussi comme chef assistant ou associé), mais cela ne se fait pas encore à l’OSW. Dommage que Julian Pellicano doive attendre qu’un chef se décommande à la dernière minute pour avoir sa chance, car il montre d’excellentes dispositions.

Pierre Meunier