Une fusion qui ne fait pas l’unanimité

Bernard Lesage.

Bernard Lesage.

À Notre-Dame-de-Lourdes, certains parents repoussent la fusion de leurs deux établissements scolaires.

Le 25 septembre dernier, la Commission scolaire franco-manitobaine vote en faveur de la fusion de l’École élémentaire Notre-Dame-de-Lourdes et du Collège régional Notre-Dame. La décision survient après la mise en place d’un projet pilote qui, selon Bernard Lesage, le président de la Commission scolaire franco-manitobaine (CSFM), a fait ses preuves, ce que semble confirmer le dépôt d’un rapport présenté par Aimé Delaquis et Gilles Normandeau.

Pour Bernard Lesage, « la recommandation de fusion représente un désir de mieux répondre aux besoins de l’élève en général ». Le plan prévoit une direction dans un établissement et un adjoint dans le deuxième avec, selon Bernard Lesage le maintien de la direction actuelle en poste. Il indique qu’« il faut maximiser les ressources et que l’École élémentaire peut aisément fonctionner avec un adjoint ».

Le président de la CSFM reconnaît que cette décision peut inquiéter : « La Division scolaire s’engage à expliquer sa décision aux parents », renchérit le secrétaire-trésorier, Serge Bisson. D’ailleurs, les préparatifs de réunion communautaire vont bon train. Il ajoute que « cette fusion va permettre d’améliorer l’aspect pédagogique à Notre-Dame-de-Lourdes, puisque l’élève pourra être suivi de la maternelle à la 12e année ». Bernard Lesage et Serge Bisson soulignent d’ailleurs que « la décision n’a pas été prise à la légère ».

Les autres recommandations du Rapport Delaquis-Normandeau suggèrent, entre autres, que l’administrateur principal, donc le directeur du Collège régional soit le seul responsable des « budgets, des rapports à la collectivité, et de certaines relations divisionnaires ». D’autre part, le rapport recommande la tenue des « sessions d’informations spécifiques portant sur divers aspects importants du fusionnement des deux écoles » et le partage « avec tous les intervenants importants [ayant] un intérêt direct dans cette question, en particulier les membres du personnel et les parents. »

La direction des deux écoles une fois fusionnées devra veiller « à l’amélioration si nécessaire de tous les programmes scolaires, [et] au bon fonctionnement de l’école ». Le rapport recommande aussi de « consulter certains élèves afin de connaître leurs idées et/ou inquiétudes au sujet de la proposition du fusionnement ».

Le comité scolaire, le cœur même d’une école de la DSFM sera lui aussi fusionné et, enfin, l’établissement devrait changer « sous peu le nom officiel de l’école de Lourdes à un nom rassembleur et inclusif […], le résultat d’un consensus d’approbations suite à des consultations appropriées auprès des intervenants ». Le rapport conclut qu’il faudra considérer « à juste part le nom École/Collège régional Notre-Dame ou tout simplement le nom École Notre-Dame ».

Cette fusion surprend deux anciens administrateurs scolaires de Notre-Dame-de-Lourdes. Denis Bibault qui a été, pendant de nombreuses années, directeur du Collège régional, estime que « les deux écoles ont besoin d’une direction distincte ». Il cite « la difficulté, sinon l’impossibilité, d’être présent à deux endroits différents en même temps et en tout temps ». Paul Cénérini, ancien directeur de l’École élémentaire, abonde dans le même sens. Selon lui, « les plus jeunes recherchent la stabilité d’une présence quotidienne ». Denis Bibault et Paul Cénérini estiment que des adjoints, bien qu’étant des professionnels, n’ont pas le même rôle qu’un directeur.

Toutes les personnes contactées dans ce dossier, et en désaccord avec la fusion, estiment que le rêve de la gestion scolaire par et pour les parents s’est effrité depuis 1994. Même en faisant la part des choses et du droit fondamental des administrateurs divisionnaires de prendre la décision de fusionner ces deux écoles, il n’en demeure pas moins que certains points demeurent obscurs.

En effet, la DSFM ne transmet publiquement que les recommandations du Rapport, parce que les consultations ont été faites à huis clos. Sans l’analyse qui sous-tend les recommandations, il est difficile de comprendre les raisons fondamentales de cette fusion.

Dans le monde francophone de la gestion scolaire où une école fait partie de l’identité, de la fierté et de la vitalité d’une communauté, on constate que certains parents sont en profond désaccord avec cette décision de fusion. Contactés par La Liberté, ils ont exprimé beaucoup d’amertume et de mécontentement, mais sous couvert de l’anonymat, « par crainte des répercussions ». D’ailleurs, ce mécontentement se manifeste par « des inscriptions à Somerset plutôt qu’à la Division scolaire franco-manitobaine », ont mentionné plusieurs parents.

Insatisfaits de cette fusion, ces parents de Notre-Dame-de-Lourdes affirment que les décisions ont été prises en dehors de leurs intérêts et loin de leur communauté. Ils estiment avoir perdu l’essence même de cette gestion scolaire, c’est-à-dire le contrôle par les parents du sort de leur école. Ils expriment un sentiment de désenchantement et de manque de communication après presque 20 ans de gestion scolaire, une gestion qui avait, pourtant, inspiré beaucoup d’espoirs de finalement pouvoir contrôler ce projet de société qu’était, en 1994, la DSFM.

| Autres dossiers à la CSFM

La CSFM a pris d’autres décisions qui concernent deux autres communautés scolaires. À St. James, et après un avis de motion du commissaire Patrick Fortier, la DSFM se penchera sur le problème posé par le nombre d’inscriptions à la hausse à l’École Roméo-Dallaire, ce qui a un impact sur l’espace disponible. Le personnel de la 17e escadre des Forces canadiennes est fortement bilingue et les enfants font partie de la zone de recrutement de cette école. D’autre part, à Sainte-Agathe, l’école offrira des cours de la maternelle à la 8e année, plutôt que la 9e.

Là encore, il s’agit d’une question d’inscriptions et surtout de disponibilité et de nombre de cours pour les niveaux 9 à 12. Les élèves se rendront à l’École/Collège régional Gabrielle-Roy à Île-des-Chênes ou à l’École régionale Saint-Jean-Baptiste qui, toutes deux offrent un programme de la 9e à la 12e année.

 

Lire la copie des recommandations du Rapport sur les consultations communautaires de la DSFM dans le dossier des écoles de Notre-Dame-de-Lourdes et de Sainte-Agathe.

 

par Jacqueline BLAY – Collaboration spéciale.

 

Catégorie: Actuel

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