Optimisme mitigé

LA LIBERTÉ ACTUEL

Carmen Combot, sa fille Taylor et le chien Dando.

L’arrivée, quoique tardive, de logements préfabriqués à Saint-Laurent fait le bonheur de 15 familles sinistrées des inondations printanières, mais font poser des questions quant à l’avenir, à moyen terme, de leur communauté.

« L’arrivée de cette maison nous donne un peu d’espoir, poursuit-elle. C’est plus spacieux et plus privé. On pourra nous créer un semblant
de normalité, en attendant de
nous retrouver dans notre maison
à la plage Laurentia.
Nous la visitons tous les jours, pour nous assurer
que la pompe à eau, qui roule jour et nuit,
fonctionne toujours. »

« Nous avons reçu notre maison le 24 décem­bre et on ne pouvait pas demander un meilleur cadeau de Noël, jubile une sinistrée des inondations printanières de Saint-Laurent, Carmen Combot. Mon époux, Julien, et moi avons tout de suite installé un sapin dans la maison et célébré avec les enfants et petits-enfants. Après ce que nous avons vécu depuis l’orage du 21 mai, c’était très spécial. »

Les logements préfabriqués, longuement attendus par les sinistrés, ont une superficie de quelque 1 200 pieds carrés.

« C’est plus petit que notre maison à deux étages, mais c’est tellement mieux que de vivre dans une chambre d’hôtel. Nous y serons jusqu’à ce qu’on puisse réparer ou reconstruire notre maison, ce qui pourrait prendre un an ou deux. Entre-temps, on pourra vivre en famille chez nous. »

Résidante à la retraite, Annette Viallet comptait, au moment d’écrire ces lignes, emménager dans sa maison préfabriquée le 1er février. « La maison est arrivée, mais nous attendons l’installation du service d’électricité, explique-t-elle. Nous avons hâte de ne plus vivre dans notre petite chambre au Foyer Saint-Laurent, où nous vivons depuis le 17 juin. Avant cela nous vivions dans une roulotte.

« L’arrivée de cette maison nous donne un peu d’espoir, poursuit-elle. C’est plus spacieux et plus privé. On pourra nous créer un semblant de normalité, en attendant de nous retrouver dans notre maison à la plage Laurentia. Nous la visitons tous les jours, pour nous assurer que la pompe à eau, qui roule jour et nuit, fonctionne toujours. »

Résidente de la plage Twin Lakes, Vicki Leggett s’est installée dans une maison préfabriquée le 4 janvier. « Je suis soulagée de ne plus avoir à faire la navette depuis Portage la Prairie, indique l’enseignante à la St. Laurent School. C’est un bon endroit où vivre avec mon époux en attendant d’être fixés sur le sort de notre résidence et de la maison que nous avions mis en location. Elles ont toutes deux succombé aux vagues et aux vents du 31 mai. »

Carmen Combot, Annette Viallet et Vicki Leggett s’entendent pour dire que l’incertitude devant le sort éventuel de leurs propriétés a été l’élément le plus difficile à supporter de leur vie de sinistrés.

« C’est long et c’est stressant, déclare Vicki Leggett. Les fonctionnaires de la Gestion des ressources hydriques du Manitoba nous font danser une ronde téléphonique. »

« Je plains les sinistrés qui n’ont pas reçu de logement préfabriqué, ajoute Annette Viallet. Il en aurait fallu plus, puisqu’un bon nombre d’entre eux doit continuer à vivre ailleurs, dans des conditions difficiles. Saint-Laurent subit de grosses pertes. »

Le préfet de la Municipalité rurale Saint-Laurent, Earl Zotter, abonde dans le même sens. « Nous avons d’abord demandé 60 logements de la Province, ce qui aurait mieux répondu à la demande, indique-t-il. On nous a ensuite indiqué que nous allions recevoir 30 maisons. Et voilà que nous en avons 15, arrivées en décembre et janvier au lieu de novembre comme on nous les avait promises. C’est très décevant. Nous avons perdu des résidants et nous ne savons pas si nous allons les récupérer. Cela nous prendra au moins trois ans avant de retrouver un début de normalité. Je souhaite au moins que la Province compensera tous les sinistrés, qu’ils soient résidents permanents ou propriétaires de chalets, de façon juste et équitable. »

Daniel BAHUAUD | presse5@la-liberte.mb.ca

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Catégorie: Actuel

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