À vous la parole

À vous la parole
La Liberté – février 2016

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Moments de grâce lors de La Création à l’USB

Madame la rédactrice,

Le rideau tombe, pourtant il n’y avait pas de rideau.

La pièce de théâtre se termine, pourtant il n’y avait pas de pièce.

Il y avait bien eu la capitaine MarieÈve Fontaine qui était partie avec ses coéquipiers et coéquipières pour quelque part, mais personne ne connaissait la destination.

Ils ont suivi l’étoile. Je ne sais pas si c’était l’étoile du Berger, mais c’était une bonne étoile, car la création a fait son oeuvre parmi l’équipage. Ils ont révélé l’étoile, « la star » en eux-mêmes. Ils ont fait surgir des réflexions, des questionnements, des réponses, des rires, des moments denses et intenses.

Même la fin du voyage a été transposée lorsque les artistes sont venus inviter les gens à célébrer avec eux, en partageant un moment d’humanité arrosé de champagne. On fête, en grand, le retour.

J’ai donc été ravie par le jeu des acteurs et actrices, dans cet espace-temps, cet espace de création. J’ai ri, dansé, été touchée et j’ai même pleuré, à la toute fin quand Marie-Ève m’a offert un cadeau en transposant une partie de mon témoignage sur mon processus de création artistique lors d’une entrevue avec Sarah Gagné. Tout au long de la pièce, j’ai suivi le personnage de l’artiste discrète qui observe, regarde les deux magistères de la religion et de la science exposer chacun leur thèse.

C’est l’artiste qui apporte à la fin de la pièce un espace pacificateur avec son imaginaire, son pinceau, sa toile. J’ai apprécié la comédienne qui illustrait le processus de création en utilisant l’image de la perle (à partir d’un grain de sable, l’huître crée une protection autour de celui-ci, c’est ainsi que se forme le nacre qui donnera la perle.)

Il y a eu la valse des planètes (je croyais que c’était Mercure et Vénus, mon mari croyait que c’était la Lune et le Soleil), qui sont presque entrées dans l’une de mes peintures. Un autre instant de pur délice intellectuel et artistique, lorsqu’on a expliqué la naissance de l’Univers. J’entendais et je voyais mes lectures sur l’Univers devenir vivantes, vibrantes. Il y avait dans le noir des étoiles, des galaxies, des planètes qui naissaient.

Pour ces magnifiques moments de grâce, merci à Marie-Ève et à tous les comédiens et comédiennes, ainsi qu’à Yan Dallaire le téméraire, Raymonde Gagné qui a croisé ma route lorsque je cherchais une coupole et un lieu scientifique pour présenter mes peintures. Merci à Christian Perron, l’intermédiaire. Merci à Denis Gagnon avec qui nous partageons une bonne étoile. Comme m’a dit le musicien :

« Vous nous avez fait vivre un beau voyage ». Je retourne la pareille à l’équipe. Chapeau!

Monique Larouche
Le 29 janvier 2016

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Vive la Journée Louis Riel pour ne pas oublier

Madame la rédactrice,

La Journée Louis Riel permet à bien des gens de se souvenir de la vraie contribution du chef métis en faveur du Manitoba. Pour d’autres, non. Pourtant, il est le plus jeune Père de la Confédération. Et de loin, puisqu’il a 26 ans au moment de la création du Manitoba. Et puis 15 ans plus tard, on le pend à l’âge de 41 ans pour haute trahison.

Peu se plaignent maintenant de l’existence de la Journée Louis Riel. Peutêtre que certains Manitobains pensent que, après tout, Louis Riel peut bien valoir une journée de congé payé. Un peu comme un certain protestant français s’est dit que Paris valait bien une messe pour se faire catholique et devenir roi de France sous le nom de Henri IV.

Pour moi, la Journée Louis Riel me ramène souvent plus de 30 ans en arrière. Au temps où régnait la fureur au Manitoba à cause de la crise linguistique. Des manifestations carrément antifrancophones, racistes, se déroulaient ouvertement. Georges Forest se faisait vilipender, le Premier ministre Howard Pawley menacer, les bureaux de la SFM sur la Provencher incendier.

Au même moment, une certaine station radio alors très écoutée attisait les sentiments virulents de ceux qui se présentaient comme des concerned citizens, des citoyens préoccupés. Au micro de cette station, des John Harvard, des Peter Warren se régalaient. Comme il faut se garder de parler en mal de ceux qui sont partis dans le grand néant, je n’évoquerai qu’une scène concernant Peter Warren. C’était au mois d’août 1984, temps d’élections fédérales. J’étais candidat NPD dans Saint-Boniface, invité au micro du brasseur de mauvais sentiments, qui m’a demandé, en anglais bien sûr : « Pourquoi est-ce que les francophones exigent leurs propres écoles? »

Ma réponse : « Parce que c’est un droit constitutionnel. » Sa réplique : « C’est écrit où, ça? » Ma réponse : « Dans l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés et dans l’article 23 de la Loi du Manitoba. » Bafouillage de Peter Warren. J’en profite : « Eh oui, c’est Louis Riel qui a mis les droits des minoritaires dans la Loi du Manitoba. À l’époque, la province était formée de 24 paroisses, 12 francophones, 12 anglophones, qui élisaient chacune un député. »

Peter Warren avait des yeux de glace : « J’en suis pas sûr, de ça. » Alors là, j’ai dit Bingo! dans ma tête et j’ai enfoncé le clou : « En 1870, c’était les francophones qui avaient la majorité. La minorité au Manitoba était anglophone, et les Métis voulaient la protéger. »

Peter Warren n’a pas voulu entendre ces faits historiques. « Bon, eh bien Mister Bédard, sur un autre sujet, comment va votre campagne? » « Aussi bien que peut l’espérer un candidat NPD dans Saint- Boniface, MisterWarren! »

Vive la Journée Louis Riel, si propice pour revivre des souvenirs éclairants et pour ne pas oublier.

Armand Bédard
Le 2 février 2016
PS : À lire, pour obtenir un contexte plus détaillé, The Canadian Crucible : Manitoba’s Role in Canada’s Great Divide, par Frances Russell.

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De la nouvelle musique inspirante

Madame la rédactrice,

Le Festival de musique nouvelle de Winnipeg (WNMF), organisé par l’Orchestre symphonique de Winnipeg, fêtait cette année son 25e anniversaire, du 23 au 29 janvier. Ce festival est l’un des plus importants au Canada et l’un des plus prisés par les compositeurs, qui s’y sentent accueillis et appréciés mieux que nulle part ailleurs.

Une pièce de Glenn Buhr, cofondateur du WNF avec Bramwell Tovey, Solstice II, a été présentée en première mondiale en ouverture du festival. Ce concert comprenait aussi trois autres pièces de compositeurs américains en première canadienne, dont la très originale Man Made, pour percussions et orchestre, composée pour l’ensemble Sō Percussion, de Brooklyn, qui est venu l’interpréter, et un magnifique Concerto pour orchestre de Joan Tower. On a pu apprécier la virtuosité et la créativité de Sō Percussion dans un récital présenté le lendemain.

Le lundi 25 janvier, le festival s’est déplacé à l’église Westminster United pour un concert de musique chorale avec les ensembles Camerata Nova, dirigé par Mel Braun, et Polycoro Chamber Choir, dirigé John Wiens. Malgré la modernité des oeuvres, le chant semblait émerger des racines profondes de la polyphonie ancienne. Ce fut de toute beauté.

L’OSW est revenu à la salle du centenaire pour deux soirées de musique orchestrale composée par une brochette de compositeurs canadiens et américains, avec d’autres premières mondiales et canadiennes.

L’évènement le plus innovateur du festival fut la présentation d’un concert spectacle à la piscine du Centre Pan Am, dont l’oeuvre principale était Le naufrage du Titanic, du compositeur anglais Gavin Bryars, avec un ensemble de musique de chambre installé sur les tremplins, le choeur de Sistema Winnipeg dans les gradins et deux nageuses dans la piscine.

Le festival s’est terminé avec la très belle Symphonie no 4 de Górecki, dont la conclusion optimiste semblait souhaiter une longue vie au WNMF.

Pierre Meunier
Le 4 février 2016

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Un article qui a touché énormément

Madame la rédactrice,

Un grand merci au rédacteur en chef associé Bernard Bocquel pour son article en profondeur et son éditorial parus dans notre journal francophone La Liberté de la semaine du 3 au 10 février qui a documenté la vie de ma grand-mère Juliette Hébert, qui a eu 100 ans le 3 février.

Quand je suis allé visiter Grand-Maman la journée de sa fête, l’article de La Liberté avait fait de cette étape très importante de sa vie une célébration communautaire. Tout le monde savait que Juliette avait eu 100 ans et l’ensemble de la communauté a été en mesure de partager le moment en raison de l’article. Bernard a mis son cœur dans son travail, et a capturé non seulement un aperçu de la personne de ma grand-mère, mais il a réussi à documenter une partie de notre histoire collective en tant que francophones au Manitoba. Une excellente couverture en profondeur apportée par notre journal francophone au Manitoba.

Cet article m’a touché énormément. J’ai eu les larmes aux yeux en lisant les étapes de la vie que ma grand-mère a vécues comme francophone bilingue à Saint-Boniface, et en lisant ses conseils, qui ont été partagés avec l’ensemble de notre belle communauté francophone. J’ai appris que si je vis ma vie en français aujourd’hui, c’est en grande partie à cause de l’importance que ma grand-mère a placé sur le fait d’être bilingue, et qu’elle n’aurait jamais accepté la possibilité de ne pas parler français à la maison. Je crois que c’est le cas pour plusieurs Franco-Manitobains.

Nous sommes toujours francophones à cause de nos mamans et de nos grands-mamans qui ont insisté à garder la langue de génération en génération. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser qu’un jour, je partagerai l’article avec mon bébé Loïc, qui est encore trop jeune pour communiquer avec son arrière-grand-mère avec des mots, mais qui a partagé de nombreux moments heureux avec elle, notamment quand il a célébré son anniversaire d’un an avec elle quand elle avait déjà presque 100 ans.

Merci à Bernard et à La Liberté d¹avoir partagé l’histoire de Juliette, ses conseils et ses points de vue qu’elle a acquis durant ses 100 ans d’expérience, qui sont maintenant un trésor collectif, non seulement pour ma famille, mais pour notre francophonie manitobaine.

Mathieu Allard
Conseiller municipal de Saint-Boniface
Le 5 février 2016

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Boules de neige au Mexique

Madame la rédactrice,

C’est possible. Fuir le froid. Et en même temps laisser des traces permanentes sur les sables chauds. Que ni vagues, ni marée ne viendront effacer.

Faire communauté avec son entourage mexicain, ça aussi c’est possible. Et cela se fait.

Sortir de la sécurité de l’enceinte « tout inclus ». Et par la porte de confiance, entrer dans la réalité des gens autour. Des familles sans ressources, de leurs petits désirant aller à une école, apprendre.

Agir comme des facilitateurs qui aident à équiper des salles de classe avec les fournitures les plus rudimentaires : des crayons, du papier, un tableau, des cahiers, des craies, des chaises, des tables, une bécosse, tout cela après avoir recouvert une toiture, un plancher, des murs, un palapa, et aménager un petit coin pour cuire les tortillas.

Surtout, avant que l’escuela devienne centre d’apprentissage fonctionnel pour les ninos, il faut un désir commun partagé par les parents, les éducateur(trice)s, les étudiant(e)s. Il faut aussi une structure administrative imputable.

Au début, elles sont un peu suspectes les bonnes intentions des fuyards du froid, chercheurs de chaleur et de valorisation personnelle. Se cherchent-ils des amigos, ces gringos en vacances?

Appuyer des projets : leur priorités ou les nôtres?

A priori : communiquer… vers l’entraide à l’œuvre.

Et aussi, semer le désir de s’épauler entre profiteurs de chaleur, et puis amasser des fonds, et ainsi contribuer à l’éducation des plus démunis pour remplir les cœurs d’espoir en un futur un peu meilleur.

Et alors, petits flocons de dons tombant en terre tropicale formeront de chaleureuses boules de neige!

En fin de compte, tous gagnent.
Ensemble, c’est possible.

Paulette E. Gosselin
Le 12 février 2016

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Une expression fautive : « au rural »

Madame la rédactrice,

Les francophones du Manitoba sont friands de la tournure « au rural ». Une brève recherche sur Google révèle de nombreuses utilisations de cette expression par les médias du Manitoba français et par les organismes de langue française du Manitoba.

Radio-Canada Winnipeg l’utilise de même que La Liberté. Un tel organisme se manifeste « au rural ». Untel a été médecin « au rural ».

Mais comment comprendre cette tournure? Sur le plan grammatical, il s’agit d’une erreur. « Au » doit être suivi d’un substantif (un nom), non pas par un adjectif. Rural est un adjectif. On dit bien « à l’internationale », ce qui sous-entend un substantif comme « échelle ». Telle entreprise fait des affaires « à l’internationale », c’est-à-dire à l’échelle internationale. Notons qu’on ne dit pas « à l’international » au masculin. Cela sous-entendrait un substantif masculin. Mais quel serait-il? On ne peut pas songer au mot plan et en faire abstraction. Il faudrait alors dire « au international », le masculin de l’adjectif international devant s’accorder au masculin du mot plan.

La formulation « au rural » calquerait-elle « au final »? Les linguistes vous le diront, la tournure « au final » est incorrecte grammaticalement. Elle n’est même pas un anglicisme. Les anglos ne disent pas at the final, mais finally ou at the end of the day. Le français a des termes fort connus pour exprimer cette idée : en fin de compte, finalement, etc.

On répliquera qu’on dit « à l’occidentale », « à l’orientale », « à l’italienne ». Mais ces tournures font abstraction d’un substantif connu. Soit « manière », « façon ». Donc, on dira (en faisant abstraction de ce substantif) : faire quelque chose « à l’orientale », c’est-à-dire « à la manière » orientale, « de façon » orientale.

Mais revenons au terme « au rural ». Que peut-on faire « au rural »? De quel substantif faisons-nous abstraction? Plan? Au plan rural? Peut-être. Untel a été médecin « au plan rural »? Hum… « Dans le monde rural ». C’est mieux… mais pas convainquant. Au rural pour signifier « à la campagne »? Avoir été médecin à la campagne. Voilà qui est parfait, mais dirait-on d’un médecin qui a pratiqué en ville, à la ville, qu’il a été médecin « à l’urbain »?

Autrefois, il était courant de dire « à la campagne » ou de campagne. Un médecin de campagne. Un curé de campagne. Jamais, toutefois, ne parlions-nous d’un médecin de ville ou d’un curé de ville, il me semble… encore moins d’un médecin « à l’urbain » ou d’un curé « à l’urbain », formulations qui seraient pourtant le pendant d’« au rural ». Pourquoi « médecin au rural », mais non pas « médecin à l’urbain »?

Est-ce que « au rural » ne tente pas de camoufler la notion de campagne? Dans mon jeune temps au Collège de Saint-Boniface (j’ai 70 ans), nous les externes nous moquions des pensionnaires (issus de la campagne) en disant « à l’anglaise » (donc de manière anglaise, en empruntant une prononciation anglaise) : from the campane, guys from the campane; « en campagne », in the campane. Nous, les externes, étions de la ville, non pas « de l’urbain ». En contrepartie, les pensionnaires issus de la campagne étaient des gars « de la campagne », non pas « du rural ».

Au Québec, la honte des connotations négatives du concept de campagne a fait place au mot région. Au Québec, plus personne ne vit à la campagne, mais en région. Bien sûr, il s’entend que les grandes villes ne sont pas des régions. On vit à Montréal, à Québec, à Trois-Rivières… Autrement, on vit « en région ». De toute évidence, si au Manitoba on ne vit pas, ne travaille pas à Winnipeg, on vit, on travaille « au rural ».

Pour ajouter à la confusion, j’admettrai qu’on trouve sur Google un site du Morvan qui fait la promotion d’une escapade « au rural » et qu’un site marocain affiche un documentaire intitulé « L’infirmier au rural ». Qui est donc ce Morvandeau ou ce Marocain qui a répandu au Manitoba français l’affreuse tournure « au rural »?

Bernard Mulaire
Montréal (Québec)
Le 9 février 2016

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Des questions à l’Archidiocèse de Saint-Boniface

Madame la rédactrice,

À qui appartient la terre ancestrale?

Le 20 octobre 2015, à la requête de l’Archidiocèse catholique romain de Saint-Boniface et de la Division scolaire de la Rivière-Seine, la Municipalité rurale de Sainte-Anne a adopté la motion pour subdiviser 18,67 acres de terrain de la Paroisse de l’Enfant-Jésus à Richer (Thibaultville), Manitoba, en six lots.

Les lots 1, 2 et 3 qui se trouvent au nord du cimetière seront vendus. Le lot 4, qui comprend le cimetière et suffisamment de terrain pour établir une voie d’entrée au cimetière et pour l’expansion des lieux d’inhumation, sera dorénavant sous la gérance de l’Archidiocèse par l’entremise de la paroisse de Sainte-Anne-des-Chênes (de 2009 à 2014 il était géré par le comité du site historique). L’ancien couvent des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe et le terrain environnant, à l’est de la propriété, le lot 5, sera vendu. L’ancienne église historique de l’Enfant-Jésus et le terrain immédiat, compre­nant la grotte, à l’ouest de la propriété, maintenant transformée en musée, le lot 6, pourra être légué à la Corporation du Site Historique Enfant-Jésus. Est-ce que le lot 6, ayant une superficie limitée, répondra adéquatement aux exigences ultérieures d’un musée?

Lorsque des catholiques s’établissaient dans une région, ils sollicitaient l’archidiocèse pour la présence d’un prêtre résident. En réponse à une telle demande, l’archidiocèse imposait aux futurs paroissiens intéressés de fournir du terrain pour la construction d’une église et d’un presbytère, pour établir un cimetière et parfois construire un couvent. Pour Richer, le don de ce terrain provint de la générosité de Pierre Michaud, résident de Richer en 1904. Toute la construction, le maintien et les dépenses subséquentes reposèrent entièrement sur les paroissiens pour plus d’un siècle, cela même après sa fermeture. De plus, les paroissiens devaient céder les titres fonciers à l’archidiocèse (une pratique qui se perpétue encore) et payer annuellement un pourcentage de la dîme paroissiale.

À qui appartient vraiment cette terre ancestrale? Pourquoi est-elle à vendre?

Une fois que la fermeture d’une paroisse devient imminente, les prochaines étapes sont : le changement des serrures, le retrait et le déplacement des documents et des artefacts vers la paroisse avoisinante (la plupart du temps, sans inventaire et sans la présence de paroissiens), l’alimentation électrique est déconnectée, une assurance de démolition est mise en vigueur, les comptes bancaires sont transférés et, finalement, l’église sombre dans l’abandon et le silence.

Le maintien du cimetière, la responsabilité du diocèse, est délégué à la paroisse avoisinante. Malheureusement trop souvent cette paroisse est surmenée et n’a pas le temps de maintenir le terrain du cimetière. Alors ce dernier aussi est délaissé. La fermeture d’une paroisse est une décision diocésaine.

Quand une paroisse se voit devant l’imminente fermeture, quelles devraient être les options?

  • Les membres de la paroisse et de la communauté devraient-ils être consultés?
  • Si un groupe de paroissiens de la région est en mesure de maintenir et de gérer à profit le site, pourquoi ne pas lui donner l’autorité sur les titres fonciers et la gérance?
  • Le cimetière devrait-il demeurer la responsabilité de la communauté?
  • Le village ou la communauté est-il en mesure de reprendre le terrain et les bâtiments pour en redéfinir un usage local communautaire (musée, centre de jeunesse, centre pour les aînés, salle de théâtre/concert…)
  • À la décision ultime de la vente du terrain, sauf le cimetière, et de la vente des bâtiments, comment assurer que les fonds demeureront dans l’intérêt exclusif du cimetière?
  • Les décisions seront-elles prises de façon corporative ou de façon chrétienne, comme l’aurait fait Jésus?

En ce qui a trait au terrain et aux bâtiments de l’ancienne Paroisse de l’Enfant-Jésus à Richer, cette terre, ce cimetière, cette église, ce couvent, n’appartiennent-ils pas aux Richeliens, au Comité du Site Historique?

À qui appartient cette terre ancestrale? À qui le droit?

Une descendante des habitants richeliens,

Patricia Gendreau
Le 8 février 2016

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Du jardinage culturel au World Trade Centre

Madame la rédactrice,

Une phrase, une petite phrase lue dans votre journal m’a bouleversé. Ce n’est pas le genre de sentiment que j’éprouve généralement à la lecture de La Liberté, je vous rassure. Mais cette fois-ci, je n’ai pas pu me retenir. Le journaliste coupable s’appelle Daniel Bahuaud et son article « Il fallait d’abord se faire confiance », paru dans l’édition du 10 au 16 février 2016 dans la série MULTIPLES FRANCO-RÉALITÉS.

La phrase incriminante, la voici : « Il faut être bilingue pour travailler chez nous. » J’ai dit coupable, mais la phrase a été commise par une interlocutrice fort courageuse dont j’aimerais saluer les efforts. Elle s’appelle Mariette Mulaire. Elle est présidente-directrice générale du World Trade Centre de Winnipeg, un organisme où « il faut être bilingue pour travailler ». Je ne sais pas si vos lecteurs mesurent l’immense parcours qui se cache derrière un tel état de fait.

L’on souhaiterait parfois que les évidences viennent spontanément, comme le font les fleurs au printemps. Mais ce n’est pas le cas. Il s’y cache des chemins sinueux parsemés d’embûches et surmontés par des gens courageux, fiers, de plus en plus confiants en eux-mêmes, comme le mentionne le titre de l’article. Ces relations harmonieuses avec la communauté d’affaires anglophones méritent d’être soulignées, même si nous ne sommes pas dupes de tensions toujours bien vivantes entre les deux communautés.

Et puis l’éclosion des fleurs ne se produit pas de façon si évidente, après tout. La nature a aussi besoin d’être respectée, comme une langue et une culture. Prenons exemple sur ce jardinage culturel qu’incarnent bien Mme Mulaire et son équipe.

Laurent Poliquin
Le 16 février 2016

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Un mot d’amour à Roxane Dupuis

Madame la rédactrice,

La Compagnie des Cent-Associés, un organisme dont la mission est de rendre hommage aux Canadiens et Canadiennes qui font la promotion, par le bénévolat, du développement de la francophonie canadienne, était de passage à Saint-Boniface le 18 février alors que le Conseil jeunesse provincial présentait le Petit Canada MMXVI dans le cadre du Festival du Voyageur.

Lors d’une cérémonie d’adoubement au beau milieu du Petit Canada, notre très chère directrice générale, Roxane Dupuis, a été officiellement reçue au sein de la Compagnie des Cent-Associés francophones, un honneur que nous tenons à reconnaître avec beaucoup de fierté.

Roxane oeuvre sans relâche depuis plus de vingt ans au sein de la francophonie manitobaine et canadienne. Tout d’abord à titre de présidente du Conseil jeunesse provincial (CJP) de 1997 à 1999, présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne-française de 1999 à 2001, membre de la délégation du Canada au Sommet de la Francophonie à Moncton en 1999. Et aujourd’hui à titre directrice générale de notre organisme porte-parole de la jeunesse d’expression française du Manitoba, le CJP.

Roxane est une alliée et une défenseure sans égale de la jeunesse, de la francophonie manitobaine et canadienne. Nous osons même dire qu’elle incarne presque parfaitement notre philosophie du « par et pour les jeunes ». Elle nous inspire tous les jours d’être right fiers de qui nous sommes. Nous l’aimons beaucoup et nous la félicitons pour cette belle distinction. Le CJP t’aime!

Justin Johnson,
Elise Paetkau,
Elyse Saurette,
Bernadette Seeholzer,
Chloé Freynet-Gagné,
Stéphanie Demers,
Jason Cegayle et
Gabriel Roberts
Conseil d’administration du Conseil
jeunesse provincial (CJP)
Saint-Boniface (Manitoba)
Le 19 février 2016

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