À vous la parole

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La Liberté – Novembre 2015

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Pour un Centre d’excellence enfant, famille et communauté à l’USB

Monsieur le rédacteur,

Les étudiants de l’École de service social de l’Université de Saint-Boniface se joignent aux efforts réclamant que l’Université de Saint-Boniface poursuive la construction d’un Centre d’excellence enfant, famille et communauté.

Ce n’est pas seulement une« garderie » que le Bureau des gouverneurs a décidé de ne pas construire, mais un Centre d’excellence enfant, famille, et communauté (CEEFC) : ce Centre aurait pour but d’offrir aux étudiants de diverses facultés (Sciences infirmières, Service Social, Éducation de la jeune enfance, Sociologie, Psychologie, etc…) l’occasion d’approfondir et de mettre en pratique leurs connaissances dans un contexte de haute qualité. Le terme « laboratoire vivant » a été utilisé à diverses occasions, ce qui résume bien la tâche d’observation et de recherche importante à toute institution universitaire, ici dans le domaine de l’enfance et de la famille.

Avec ce centre, l’Université de Saint-Boniface aura l’opportunité de fidéliser et de multiplier sa clientèle. Alors que l’université voit s’établir sa troisième génération de diplômés, un accueil de qualité et de proximité est un excellent argument pour le recrutement de personnel et d’étudiants qui ont une famille à charge.

Les étudiants de l’École de service social aimeraient voir leur université faire preuve d’ambition et prendre sa place dans sa communauté directe et élargie, et ainsi qu’elle devienne un leader et un modèle dans son domaine. Située stratégiquement dans une économie du savoir, l’Université de Saint-Boniface ne devrait pas se limiter à être la fin d’un parcours « qui développe les leaders de la société », mais devrait faciliter toutes les étapes d’apprentissage des francophones en endossant de multiples rôles : non seulement comme le laboratoire vivant susmentionné, mais comme un foyer d’innovation sociale responsable et enthousiaste, misant sur l’avenir et valorisant ses usagers.

En se montrant un partenaire de choix pour les étudiants et les intervenants de divers secteurs, nous n’avons aucun doute que l’université verra son rayonnement s’amplifier de manière positive et concrète. Par exemple, par la création de programmes intergéné – rationnels, qui ont fait leurs preuves dans d’autres cultures.

Les nombreuses recherches sur l’éducation de la jeune enfance prouvent que l’intégration d’enfants dans un système de soins de qualité permet d’acquérir des compétences souhaitables, en coopération et communication, ainsi qu’en mathématiques et en lecture. Une étude a prouvé que chaque dollar dépensé en soins de garde renvoie l’équivalent de deux dollars en bénéfices sociaux. La retombée économique, elle, est de 1,58 $ par dollar investi. Les soins de qualité ont des conséquences positives à tous les niveaux sur nos sociétés : promotion d’inclusion sociale, reconnaissance culturelle augmentée, et développement des droits des minorités.

Pourquoi ne pas choisir d’investir dans la francisation de nos chers bambins? Nous verrons aussi le niveau scolaire des écoles francophones bénéficier en leur apportant des enfants prêts à apprendre et à réussir.

Sachez que la liste d’attente pour une place en Centre d’apprentissage au Manitoba comprenait 11 400 noms d’enfants en 2013.

L’Université de Saint-Boniface prône la valeur institutionnelle suivante : « Étudiant avant tout ». Or le coût des études a presque doublé depuis 1990. Cette nécessité économique force de nombreux étudiants à jongler travail et études; lorsque les études doivent être repoussées dans le temps, les responsabilités familiales s’ajoutent à cette charge. Ces familles sont stressées et tiraillées. Alors que la société change et ne permet pas toujours aux parents d’avoir des solutions alternatives de garde, elles doivent compter sur leurs réseaux pour recréer ce que la mobilité des populations modernes leur a fait perdre, un fait saillant chez les nouveaux arrivants. Les arguments d’attraction et de rétention des recrues sont ici indéniables.

Puisque l’Université de Saint Boniface est la seule au Manitoba à ne pas disposer de centre de garde pour la jeune enfance, nous lui proposons de remédier à ce manque en investissant dans son propre énoncé de mission et qu’elle offre une formation universitaire et collégiale de qualité, personnalisée pour répondre aux besoins de ses étudiants et qui développe des leaders de la société. En ouvrant ce Centre d’excellence enfant, famille et communauté, l’Université recon – naîtra son rôle de héraut de succès dans notre société moderne, changeante et pourtant harmonieuse.

Stéphanie Rouet,
Moïse Muhindo
et Catherine Green,
Comité Média,
étudiants de l’École de service social, Université de Saint-Boniface
Facebook : CEEFC École Service social
Le 25 octobre 2015

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Centre d’excellence enfant, famille, communauté : pourquoi l’USB doit revoir sa décision

Monsieur le rédacteur,

Les membres de Réseau action femmes, MB inc. veulent partager leur grande déception, survenue il y a quelques mois quand nous avons appris que le projet du Centre d’excellence enfant, famille et communauté soumis par l’Université de Saint-Boniface à la Province du Manitoba n’avait pas été accepté comme tel. Notre surprise fut encore plus grande lorsque nous avons appris que le Bureau des gouverneurs de l’USB abandonnait ce projet de façon définitive. Nous croyions que le projet serait révisé et resoumis à la Province du Manitoba dans l’espoir que le Centre d’excellence voie le jour à un moment donné.

Nous avons entendu que le Bureau des gouverneurs estimait que ce projet n’était plus la priorité de la communauté. Sachez que, au contraire, nous tenons toujours à la réalisation de ce magnifique projet qui contient la possibilité d’une contribution importante, à la fois sociale et économique, pour notre communauté.

La francophonie est fière des efforts et de l’engagement de la DSFM d’avoir inclus dans les nouveaux projets de construction d’écoles communautaires en région des centres d’éducation préscolaire. En effet, les commissaires ont pris conscience que ces centres de services de garde préscolaire étaient un investissement important en vue de la francisation, et du recrutement de jeunes familles qui n’auraient sinon probablement pas inscrit leurs enfants à la DSFM.

Ils avaient constaté les coûts faramineux de refrancisation des jeunes ayants droit qui avaient perdu leur français, mais qui avaient toujours droit à l’éducation en français de la DSFM. C’est pourquoi la DSFM a décidé d’investir dans son avenir en offrant des espaces en services de garde au sein de leurs milieux scolaires communautaires.

Malgré cet engagement, il reste encore de graves lacunes en ce qui a trait au besoin de places en services de garde francophones. Considérez toutes les heures d’éveil auxquelles les enfants francophones sont exposés dans une semaine lorsqu’ils se retrouvent dans un milieu anglophone, et ceci pendant des années. Il faudra ensuite des années à refranciser un enfant avec beaucoup d’énergie des parents et des enseignants pour appuyer les efforts de francisation. Plusieurs familles d’ayants droit ne se dérangeront pas de mettre leurs enfants dans une école française de la DSFM, et nous risquons de perdre ces enfants aux écoles d’immersion ou anglaises.

C’est aussi un risque grave parmi les familles de nouveaux arrivants qui se sentent pressés de faire des études, d’apprendre l’anglais et de se trouver un emploi aussitôt que possible. Nous perdons déjà de nombreuses inscriptions de familles exogames et des familles de nouveaux arrivants qui croient que c’est plus avantageux de choisir l’école anglaise pour accroître les chances économiques de leurs enfants à s’intégrer dans la communauté canadienne. Cela évidemment puisque les parents ont beaucoup de difficultés eux-mêmes à apprendre l’anglais et à se trouver un poste dans leurs champs d’études.

Bien qu’il y ait eu un accroissement de places francophones récemment, il reste encore de nombreuses familles qui se trouvent sur des listes d’attente d’espaces en services de garde pour leurs enfants. De nombreux services de garde n’ont qu’un permis provisoire puisqu’ils n’ont pas tout le personnel formé dont ils auraient besoin pour respecter les règlements de la Province. Nous, à Réseau action femmes, sommes fières que l’École technique et professionnelle de l’USB contribue de façon si importante à l’économie de notre province en formant en français des éducateurs et éducatrices en éducation préscolaire. Nous espérons que l’ETP pourra combler ces besoins dans un avenir rapproché.

Vous comprendrez donc mieux la confusion et la déception que nous avons ressenties dans les circonstances présentes. Nous avons toujours l’espoir que la décision du Bureau des gouverneurs de l’USB soit renversée et que des discussions soient entreprises avec la Province du Manitoba afin de déterminer les options possibles pour avancer dans le dossier du Centre d’excellence enfant, famille et communauté. Le plus tôt que le projet sera mis en marche, le plus tôt nous profiterons de cette ressource, qui sera aussi un appui de taille pour les jeunes professionnel(le)s en santé et service social en formation. Enfin l’Université aurait son centre d’éducation préscolaire comme les autres institutions postsecondaires du Manitoba.

Nos familles franco-manitobaines, exogames et nouvelles arrivantes en seraient les premières bénéficiaires, sans parler des retombées importantes pour la DSFM en fait d’inscriptions et pour la croissance économique de nos communautés. Vous concéderez que s’il est incontournable d’avoir accès à des routes, des ponts et du transport public pour permettre aux gens de se rendre à leur emploi, il faut tout autant des services de garde sécuritaires et de qualité qui assurent la sécurité et les soins aux petits trésors pendant que les parents poursuivent leurs études et/ou exercent leur profession. Des services de garde professionnels sont bien aussi un moyen efficace de socialisation des enfants et des familles dans notre communauté. Il s’agit en plus d’un moyen d’intégration positif et efficace des nombreuses familles nous arrivant de tous les coins du monde.

Nous prions les membres du Bureau des gouverneurs de l’Université de Saint-Boniface de revenir sur la décision prise le mois passé.

Gisèle Saurette-Roch, 
présidente intérimaire 
Réseau action femmes, MB inc. 
Le 28 octobre 2015

 

 

 

 

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Souligner honorablement le passé de CKSB au 607, rue Langevin

Monsieur le rédacteur,

Quelle proposition formidable de la part de Léo Dufault (La Liberté du 14 au 20 octobre, 2015). La lettre ouverte, adressée à M. Hubert Lacroix, présidentdirecteur général de Radio-Canada, propose que puisque notre poste de radio CKSB au 607, rue Langevin doit subir le triste sort qu’on lui réserve, certaines options devraient être envisagées.

Entre autres M. Dufault suggère que le revenu qui sera généré par la vente de l’édifice patrimonial doit demeurer au service du Manitoba français, à travers notre organisme Francofonds. M. Dufault mentionne qu’on pourrait reconnaître un animateur de CKSB. Le choix est immense. Feu Henri Bergeron, la star de Radio-Canada issue d’une famille manitobaine, qui fit ses débuts à CKSB, serait aussi un choix formidable.

Comme plusieurs Franco-Manitobains, j’avais répondu à la sollicitation en contribuant à mettre sur pied Radio Saint-Boniface, notre CKSB. Même si à ce temps-là le don était minime, il était aussi important!!! La fierté que je ressentais de faire partie d’une communauté fière de son patrimoine dépassait le montant offert. CKSB a fait partie intégrale de notre communauté durant plusieurs années.

CKSB quittera Saint-Boniface. Soulignons son départ de façon honorable.

Merci

Lucienne Boucher
cc : Daniel Vandal, 
député de Saint-Boniface
Le 29 octobre 2015

 

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Au musée : passerelle plutôt que rampe

Monsieur le rédacteur,

Commentaire sur votre article (2 au 8 septembre) relié au Musée canadien pour les droits de la personne.

J’ai lu cet article avec intérêt. J’ai une carte d’abonnement annuelle. J’ai visité ce nouveau musée au moins une vingtaine de fois. Par intérêt, je me suis donné la peine de regarder tout ce qui est exposé et j’ai écouté et lu en français et en anglais tout ce qui est présenté. J’ai aussi parlé à plusieurs personnes qui travaillent au musée. J’aime bien ce musée parce que l’édifice est un chef-d’oeuvre et parce qu’il est rempli d’informations qui peuvent servir à mieux respecter tous les humains en nous rappelant de nombreux incidents du passé où des individus, des groupes de personnes et des gouvernements ont si souvent fait fi des droits humains.

Mais aujourd’hui, je viens commenter sur le mauvais choix de mot que les employés du musée, à tous les niveaux, continuent d’utiliser, malgré les nombreuses fois que j’ai suggéré un mot plus approprié pour décrire les corridors illuminés et quasi flottants qui, à mon point de vue, sont les plus beaux éléments du musée. Il s’agit du mot “rampe” utilisé en français pour décrire ces ponts transparents.

Rampe, c’est un choix facile puisque c’est le même mot en anglais. Rampe, c’est aussi le mot utilisé pour désigner la descente/montée en béton utilisée par les voitures pour se rendre ou sortir du garage souterrain ou encore le même genre de structure utilisée par les usines, les hôpitaux, etc., pour la livraison ou la cueillette de marchandises requises pour leur fonctionnement.

Mais c’est aussi un mot très proche du mot ramper, comme fait le serpent, comme fait l’être humain ou l’animal qu’on abuse à coups de bâtons et de fouets. “Les voilà qu’ils rampent; le ventre contre le sol.” Je trouve mauvais l’usage du mot rampe pour décrire les passages lumineux qui nous permettent d’accéder aux différents paliers du musée pour y découvrir les abus infligés à des milliers de personnes en les faisant ramper dans les camps de prisonniers; ou le traitement infligé aux esclaves dans les plantations de leur maître.

En français, le mot rampe est trop prêt de ramper pour l’employer dans un musée qui cherche à nous faire voir et comprendre les multiples façons utilisées, dans le passé et encore aujourd’hui, pour faire ramper l’humain. En anglais, ce mot est rarement utilisé dans ce sens négatif. Je suis convaincu que ce musée extraordinaire ne cherche nullement à associer le mot rampe à son sens péjoratif et humiliant. Je suis aussi convaincu que personne au musée ne veut associer les merveilleux couloirs lumineux à la connotation abusive de ce mot quand on l’emploie en rapport avec les humains.

C’est pourquoi j’ai tenté à maintes reprises auprès des employés et aussi par une note à l’administration de ne pas utiliser le mot “rampe” pour décrire les merveilleuses passerelles du musée. Même en anglais, je souhaiterais qu’on utilise un meilleur mot que rampe (footbridge, floating links, etc.). Le musée veut mettre l’accent sur les abus faits aux droits des personnes. Dans ce contexte, il est aberrant d’entendre, à tous moments, le mot rampe pour décrire les passerelles dans ce musée qui veut amener les gens à ne pas être abusif. Passerelle décrit très bien la réalité des corridors lumineux en pente. D’ailleurs passerelle, c’est un mot tellement plus beau, plus doux et plus poétique. Surtout on ne peut associer passerelle au mot rampe et à l’action de ramper; une connotation péjorative. Pendant trop longtemps, on a fait ramper les gens, même ici au Manitoba.

Gérard Lécuyer
Le 3 novembre 2015

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Précisions sur Emmet Collins

Monsieur le rédacteur,

Nous devons offrir une correction à l’article sur le CA de la SFM dans votre édition du 21 au 27 octobre. Dans une citation le vice<président, Emmet Collins, est décrit comme étant francophile. En réalité il est un francophone issu d’une famille exogame, et c’est son père qui est le francophile.

Nous tenons à faire ce point, car l’acceptation et l’inclusion de toutes sortes de francophones manitobains, jumelées au respect de l’identité et des racines de chacun, sont l’essence du message électoral qu’Emmet a voulu promouvoir. Un message qui, de toute évidence, lui a valu d’être élu. Nous sommes en position parfaite pour le savoir, car nous sommes ses parents.

Un autre point à rectifier, dans la même citation : Emmet est doctorat en science politique à l’Université Carleton et non à l’Université du Manitoba.

Merci de votre attention et pour votre excellent journal.

Hélène Dusablon et Patrick Collins
Le 2 novembre 2015

 

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